Les tests A/B

Le Congrès des milieux documentaires est terminé depuis plus de deux mois, mais j’aimerais partager avec vous ce que j’ai retenu de la conférence d’Amelia Showater : A/B Testing and Digital Analytics: What Libraries Can Learn from Barack Obama’s Campaign. Nous étions peu nombreux dans la salle ce matin, et c’est bien dommage!

Que sont les tests A/B?

Les tests A/B, des tests aléatoires contrôlés, permettent d’identifier ce qui fonctionne le mieux entre deux options. Ils sont surtout utilisés en marketing et particulièrement pour les solutions Web (envois de courriels ou sites Web).

Le principe est de produire deux versions d’un même contenu, qui sont  assignées aléatoirement aux utilisateurs afin d’évaluer par la suite quelle version a été la plus efficace. Efficace pour quoi? Ça dépend bien sûr de vos objectifs. Pour un magasin en ligne, ce serait d’augmenter ses ventes, pour une bibliothèque, ça pourrait être augmenter le nombre de consultations des ressources électroniques.

Par exemple, on pourrait vouloir tester l’affichage d’une liste d’éléments sur un site Web. Il faudrait alors concevoir deux versions de la même page, puis mettre en place une solution technologique qui assigne une des deux versions à chaque visiteur. Ce peut être fait par de la programmation ou par un outil tel que Google Analytics. Lorsqu’une certaine quantité de données est collectée, qui varie selon le trafic habituel, on analyse les statistiques des deux versions afin d’identifier la plus performante. Lorsqu’une option sort gagnante, elle peut alors être implantée.

Avantages

L’avantage de ces tests est que, contrairement aux tests d’utilisabilité classiques, il n’est pas nécessaire de réunir un panel d’utilisateurs représentatifs afin de leur faire « tester » les différentes versions. Comme les utilisateurs sont en contexte réel, il n’y a pas biais de réponse. Les participants ne répondent pas ce qu’ils croient être la bonne réponse, ils utilisent normalement le site.

Limites

Ce type de test a toutefois ses limites. Contrairement aux tests d’utilisabilité classiques, il ne permet pas de découvrir de nouveaux problèmes ou de nouvelles solutions, puisqu’on ne teste que ce qu’on a déjà identifié. De plus, il n’est pas possible de tester des variantes radicalement différentes, au risque de déstabiliser les utilisateurs. Il faut s’en tenir à des modifications mineures.

Tuyaux d’une pro

Lors de sa présentation, Amelia Showater a partagé avec nous des trucs qu’elle a appris lors de son travail au sein de l’équipe marketing Web de la campagne d’Obama. Ce qu’il faut retenir : Les résultats sont souvent très différents de ce à quoi on s’attend et nous ne sommes pas des utilisateurs typiques.

Elle donnait l’exemple de l’apparence visuelle de courriel invitant les gens à faire des donations à la campagne. C’est le visuel le moins attrayant qui a mené au plus grand montant de dons. De plus, il ne faut pas oublier que les gens à qui on s’adresse ne sont pas du même milieu, notre jargon n’est pas compréhensible pour tout le monde. Elle a aussi amené des concepts bien connus, mais qui méritent d’être rappelés régulièrement : Les utilisateurs veulent que ce soit: simple et rapide, ils n’ont pas de temps à perdre!

Pour aller plus loin…

Je vous invite à consulter l’article suivant : Young, S. (2014). Improving Library User Experience with A/B Testing: Principles and Process. Weave: Journal of Library User Experience, 1(1). http://dx.doi.org/10.3998/weave.12535642.0001.101

Pour ceux qui veulent s’y mettre tout de suite, voici un petit tutoriel en français qui explique comment utiliser les fonctions de tests de Google Analytics : A/B Testing avec Google Analytics en 15 minutes

Pour savoir si la différence entre les deux résultats est vraiment significative, vous pouvez utiliser le site ABBA.

ELUNA 2014 à Montréal et les nouveaux systèmes de gestion de bibliothèque

Le congrès de l’association ELUNA – Ex Libris users of North America – se déroulera à Montréal cette année, du 29 avril au 2 mai. Qu’est-ce que c’est au juste? C’est un congrès axé autour des logiciels de bibliothèques de la compagnie Ex Libris, organisé par l’association des clients. Le congrès a lieu chaque année dans une ville différente aux États-Unis. Un équivalent « international » existe aussi, IGELU, qui organise un congrès à l’automne, généralement en Europe.

Puisque les bibliothèques du réseau de l’Université du Québec utilisent plusieurs des logiciels de la suite d’Ex Libris, j’ai eu l’occasion d’assister à ce congrès les dernières années. Je n’en avait pas parlé sur mon blog, puisque les sujets sont liés de près à ces logiciels, donc possiblement de peu d’intérêt pour ceux qui ne les ont pas, mais j’ai décidé de faire une exception cette année, comme il a lieu à Montréal. Les bibliothèques de McGill, l’Université de Montréal et l’UQAM sont hôtes de l’événement, qui se tiendra au Reine Élisabeth.

Les sessions qui m’intéressent plus particulièrement sont celles à propos de Alma, la solution de système de gestion de bibliothèque hébergée en ligne. En 2009, dans mon article SIGB en mode local : mort annoncée?, j’avais évoqué :

On peut donc imaginer que dans 5 ans, les systèmes de gestion de plusieurs bibliothèques se trouveront dans le « nuage », qui chez un fournisseur commercial, qui chez une société à but non lucratif.

Dans les faits, la transition est plus lente que ce que j’avais imaginé, 5 ans plus tard nous ne sommes pas encore tous rendu là. La transition commence toutefois à se faire. Bibliothèque et Archives Canada a annoncé son intention de passer à la solution WorldShare de OCLC (voir l’article dans Le Devoir ou le Préavis d’adjudication de contrat).

C’est un sujet à suivre!

Retour sur Access 2012

J’étais à Montréal la semaine dernière pour assister à la conférence Access 2012. Je ne ferai pas de résumé exhaustif, d’autres l’ont très bien fait : live blog officiel, Cynthia Ng (celle-ci gagne des points pour avoir ajouté des photos de bébé animaux dans ses résumés, c’est cute!).

Je suis revenu de Access totalement énergisée. Pour les bibliothécaires systèmes d’universités québécoises dans l’audience, ça m’a beaucoup fait pensé aux journées NST, mais en plus gros. Les conférences étaient de deux types : partage d’expérience sur des projets à saveur technologique ou réflexion sur les thèmes et enjeux du moment. Même s’il y a peu de chance qu’on implante des  projets similaires, ça permet de voir des trucs et des solutions mis en place pour répondre à des besoins précis.

La présentation qui m’a le plus marquée était celle de Alistair Croll : Big Data, Answers, and Civil Rights. On ne peut plus ignorer la puissance que peuvent conférer les grands ensembles de données. Sur sa recommandation, j’ai commencé à lire The Righteous Mind : Why Good People Are Divided by Politics and Religion de Jonathan Haidt, livre très intéressant qui fait réfléchir sur la manière dont on forme nos opinions.

Les présentations étaient vraiment intéressantes, certains présentateurs étaient particulièrement doués. Lisa Goddard par exemple a réussi à expliquer très simplement le concept de Linked Data. On voyait les visages s’éclairer dans la salle (et sur Twitter). Dans mon cas, il y a seulement eu une présentation qui ne me rejoignait pas, trop loin de ma réalité : celle qui présentait l’outil de gestion de serveur Chef.

Plusieurs présentateurs ont fait référence au graphique de Gartner présentant le « hype cycle » des technologies émergentes :

Hype cycle for emerging technologies
Hype cycle for emerging technologies de Gartner

Les thèmes de big data, le cloud computing et l’impression 3D ont été couverts pendant la conférence. Des bibliothécaires de l’Université de Dalhousie ont amené leur imprimante 3D sur place en démonstration. Ça m’a permis de mieux comprendre le processus et de voir le résultat. Les pièces produites peuvent être utiles pour démonstration, mais ne sont pas assez solides pour remplacer des pièces usinées habituelles. Ce dernier aspect est lié à leur choix de matériau. Pour éviter les émanations toxiques, ils ont sélectionné un plastique moins résistant.

J’ai été déçue de voir aussi peu de collègues des bibliothèques francophones québécoises, il fallait profiter du fait que c’était à Montréal cette année! Comme toutes les conférences, ça m’a permis de mettre un visage sur des gens avec qui je communique à distance.

Access sera à St-Jean Terre-Neuve en 2013. La conférence de cette année était disponible en webdiffusion, en espérant que la prochaine le soit aussi. C’est un moyen d’avoir l’information pour ceux qui ne peuvent se déplacer.

En conclusion, mon expérience m’a fait comprendre pourquoi autant de gens s’extasiaient à propos de cette conférence, Access est vraiment une conférence géniale!

Un grand merci aux organisateurs de cette année!

MàJ de janvier 2013 : Les enregistrements des présentations ont été déposés sur Youtube : https://www.youtube.com/user/accesslibcon

Un automne riche en congrès à Montréal

Deux congrès intéressants pour les bibliothécaires ont lieu à Montréal cet automne : Access 2012 du 19 au 21 octobre et le Congrès des milieux documentaires du 31 octobre au 2 novembre.

Access

Access est un congrès canadien axé sur les technologies en bibliothèque. Cette année, il se tient à Montréal, ce qui donne la chance d’y assister sans trop entamer mon budget de déplacement! Contrairement à plusieurs autres congrès, il n’y a qu’une session à la fois. L’avantage, c’est qu’on ne peut rien manquer, mais l’inconvénient c’est que si quelque chose nous intéresse moins… ça nous force à faire des découvertes?

Le congrès se tient au Centre Mont-Royal, sur Mansfield, du 19 au 21 octobre : c’est-à-dire du vendredi au dimanche. Le jeudi, deux journées thématiques sont offertes : un hackfest et une introduction au langage Python.

Consultez le programme, s’il vous convainc, il n’est pas trop tard pour vous inscrire!

Congrès des milieux documentaires

À la fin octobre, c’est le rendez-vous annuel de tous les professionnels de l’information (et j’inclus les techniciens) : le Congrès des milieux documentaires du Québec. Du 31 octobre au 2 novembre, le palais des congrès de Montréal sera envahi par des professionnels de tous les milieux : bibliothèques publiques, universitaires, collégiales, scolaires, spécialisées, mais également centres archives et centres de documentation.

Le programme reflète la variété des champs d’intérêt. Plusieurs colloques se tiennent dans le cadre du congrès. Ici, les choix peuvent parfois être difficiles.

Certains fournisseurs de produits et services pour bibliothèques peuvent être rencontrés à l’exposition, c’est l’occasion de parler avec des représentants de solutions que vous utilisez régulièrement, ne vous en privez pas!

Consultez le programme et inscrivez-vous!

Au plaisir de vous croiser à l’un ou l’autre de ces congrès!

Premier congrès des milieux documentaires : angle livres numériques

Je crois que la plupart des participants seront d’accord, le premier congrès des milieux documentaires fut une réussite. Regrouper les gens des milieux variés a permis d’amener des points de vue différents.

Ce congrès était teinté « livre numérique » dans mon cas, de par les séances auxquelles j’ai assisté et qui m’ont le plus marqué.

La présentation que j’ai le plus appréciée est la table ronde du projet d’agrégateur de l’ANEL. Pour les détails du fonctionnement de l’entrepôt de données créé par DeMarque pour l’ANEL, je vous réfère au billet de Gilles Herman, Le livre numérique [3] : L’agrégateur québécois. Après la présentation de l’agrégateur et des principes qui l’entourent par Clément Laberge, trois autres intervenants ont présenté leur rapport au livre numérique (Bianca Drapeau des PUQ, Marie-Josée Benoit, des services aux milieux documentaires de la BAnQ – ne pas prononcer « banque » – et Guylaine Beaudry, de la Bibliothèque de l’Université Concordia). Des discussions ont suivi avec les participants dans la salle quant aux modèles à mettre en place pour l’acquistion/l’abonnement au contenu numérique pour les bibliothèques. Regrouper les acteurs de différents milieux pour discuter de manières de faire encore à définir était très intéressant. Il reste toutefois encore beaucoup à faire.

Une idée déjà en application (quoique pas encore publique) : la bibliothèque de Brossard intègre dans son catalogue un lien vers le feuilletage des documents de leur collection qui se trouvent également dans l’entrepôt de données.

C’est vraiment dommage que cette présentation se déroulait le samedi matin à 9h, vous imaginez que la salle était loin d’être à sa pleine capacité. Je dois dire que le samedi a été ma journée favorite du congrès. Qui sais, peut-être que les organisateurs ont gardé certaines des présentations les plus intéressantes pour les durs de durs qui seraient au rendez-vous un samedi matin!

Toujours dans la perspective de l’offre de contenu numérique québécois, Archambault a annoncé préparer deux offres à l’intention des bibliothèques : une offre d’abonnement au contenu numérique et une où les contenus se retrouveraient dans des livres électroniques* « e-reader » prêtés aux usagers.

Daniel Boivin d’OCLC est également venu présenter Netlibrary, qui n’est pas un service nouveau, loin de là, mais qui devrait offrir de plus en plus de contenu francophone québécois.

*: D’ici à ce qu’un concensus soit atteint au niveau de l’apellation de ces fichiers et machines, j’utiliserai « livre numérique » pour désigner le contenu, puisque ce que sont des documents sous forme numérique et « livre électronique » pour l’appareil de lecture portable puisque c’est une machine avec des composantes électroniques.

 

Colloque conjoint ASTED/CBPQ

Le colloque conjoint ASTED/CBPQ s’est tenu la semaine dernière à Montréal. Deux nouveautés cette année : le colloque regroupe l’ASTED et la CBPQ et un nouveau type de présentation a été instauré : les sessions d’affichage. Regrouper les deux associations a amené une dynamique intéressante.

J’espère que les sessions d’affichage reviendront les prochaines années. Ça permet de présenter les bons coups sans devoir préparer une présentation officielle d’une heure. La formule amène aussi plus d’échanges et de discussions avec les gens. J’ai apprécié l’expérience à la fois en tant que spectatrice et participante à la session d’affichage. En collaboration avec Lino Tremblay de l’UQAR, j’ai présenté le wiki professionnel utilisé dans huit des établissements de l’Université du Québec. Pour les intéressés, vous pouvez consulter notre présentation PowerPoint : (mise à jour : maintenant sur Slideshare) Les wikis professionnels dans les bibliothèques : l’exemple du réseau UQ-8.

Si vous n’avez pas assisté au colloque, l’équipe du journal étudiant La Référence a publié des comptes rendus de présentations assez complets.

Ouverture de la saison des Congrès : ACFAS 2008

Le 76e congrès annuel de l’ACFAS se tiendra la semaine prochaine (du 4 au 9 mai) à Québec. L’INRS est hôte de l’événement cette année.

Le colloque qui m’intéresse particulièrement est celui organisé par le Laboratoire de communication médiatisée par ordinateur (LabCMO), le Groupe de recherche et d’observation sur les usages et cultures médiatiques (GRM) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et le Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST) :

Web participatif : mutation de la communication ?

Des conférenciers de différents milieux réfléchissent à l’impact du Web 2.0 sur la communication. Pour vous donner une idée, voici quelques unes des présentations auxquelles je compte assister :

  • Adoption du Web 2.0 en entreprise : quelles trajectoires pour quels résultats : le cas des wikis
  • Pratiques des sites, usages des réseaux. Le « social bookmarking » entre prescription et appropriation
  • Désirs d’avenir, de l’idéal participatif aux usages réels
  • L’usage de la messagerie instantanée au travail : zapping occupationnel et multi-activités
  • Usages des folksonomies : analyse comparative des systèmes et des pratiques de tagging collaboratif