SIGB en mode local : mort annoncée?

OCLC vient d’annoncer son projet d’intégration des services de gestion de la bibliothèque en mode Web (Communiqué, discuté par Library Journal). Les fonctions de prêt, d’acquisition, de gestion des ressources numériques, etc. seront toutes intégrées dans l’interface Web d’OCLC. Les bibliothèques qui utilisent présentement FirstSearch pourront profiter de ces services gratuitement.

Le même genre de service est en développement du côté de la compagnie Ex Libris. Ils prévoient un « URM » (Unified ressource management) où toutes les fonctions de gestion des collections de la bibliothèque seront regroupées. L’objectif est d’avoir un seul lieu où tout se retrouve, tant les collections physiques (SIGB) que numériques (résolveur de liens, moteur de métarecherche, logiciel de gestion des abonnements aux ressources, etc.). Ils sont en présentement en processus de consultation auprès de leurs clients actuels sur les fonctions qui seraient nécessaires.

On peut donc imaginer que dans 5 ans, les systèmes de gestion de plusieurs bibliothèques se trouveront dans le « nuage », qui chez un fournisseur commercial, qui chez une société à but non lucratif.

Suis-je la seule à penser que ce serait plutôt la place des bibliothèques nationales? Lors de la tenue de l’IFLA à Québec l’an dernier, j’ai eu l’occasion de discuter avec une bibliothécaire norvégienne qui m’expliquait que toutes les bibliothèques de Norvège partagent un seul catalogue collectif (voir), elle n’était donc pas très impressionnée de la fusion des catalogues de huit des bibliothèques de l’UQ…

Une fois que toutes les informations de la bibliothèque sont hébergées chez un fournisseur, est-il possible de récupérer cette information si jamais on désire aller ailleurs?

Du côté québécois, le problème d’ordre linguistique se pose. Devrons-nous utiliser des notices en anglais? Ou y aura-t-il lieu de se développer un catalogue-sigb-etc collectif québécois?

5 thoughts on “SIGB en mode local : mort annoncée?

  1. Lully 9 juin 2009 / 8:07

    Il me semble qu’il y a une grosse différent entre un catalogue collectif et un SIGB commun : un catalogue collectif ne permet généralement pas de connaître le statut de l’exemplaire (est-il en rayon ? est-il emprunté ?), la base des lecteurs et les acquisitions.
    Ainsi sur le catalogue norvégien que vous mentionnez on ne voit pas la disponibilité du document (cf. par ex. cette notice).

    Et travaillant en université, j’imagine mal l’ABES gérer les imports de tous les annuaires universitaires français pour rapatrier dans une base nationale tous nos lecteurs.
    Donc la solution OCLC est très différente de la solution Ex Libris : OCLC propose aux bibliothèques de se passer d’Opac. Plus précisément, de supprimer toute la partie « Recherche » pour ne conserver en local qu’un affichage des statuts d’exemplaires, avec (si la bibliothèque le souhaite) l’accès au compte lecteur — toujours « en local » — pour disposer d’un panier, faire une réservation ou une suggestion d’achat.

    Sur la version Worldcat locale de l’université de Washington, la disponibilité est dynamiquement affichée : l’interface va interroger en temps réel le SIGB local pour voir si le document a été prêté.
    On en a un bon exemple sur cette notice : dans la partie Emprunter ou obtenir un exemplaire > Summit Libraries, et qu’on clique sur « 2 groupes de bibliothèques possèdent cet ouvrage », on peut actualiser l’état des documents dans d’autres bibliothèques (comme ce n’est pas dans la bib de l’Université de Washington elle-même, le système n’actualise pas ces statuts d’exemplaire spontanément pour des raisons de performance).

    Notez aussi, sur cette même notice, le bouton Request Item, qui pointe vers l’interface native de l’opac.

    Donc OCLC propose une solution hébergée pour l’opac (qui ne fait pas l’économie du SIGB mais peut faire l’économie du module opac d’un SIGB, si on dispose tout de même de quelques web services sans ce module),
    alors qu’Ex Libris proposera une solution full-web, mais locale, aux bibliothèques, solution d’un logiciel qui serait SIGB+ERMS+etc. Actuellement le SIGB était composé de différents modules. Désormais le SIGB sera lui-même un module (ou une brique) du futur URMS.

    • Dominique 9 juin 2009 / 9:04

      Je faisais plutôt référence à ce que OCLC prévoit développer dans les années à venir, c’est à dire réellement prendre en charge les opérations de gestion de la bibliothèque : circulation, acquisition, gestion des budgets etc.

      Je vous réfère à l’article de Patrick Hogan sur ALA Techsource « Breeding on OCLC library automation strategy » : « Work is underway now to create services associated with WorldCat Local that perform circulation, resource fulfillment, acquisitions, and license management. Taken together, these services will obviate the need for a library to operate its own integrated library system. »

      Merci pour votre commentaire, il me permet de mieux clarifier mes idées sur le sujet. Plus que l’intégration de tous les modules du SIGB + métarecherche etc. dans le seul URM, la nouveauté d’Ex Libris qui m’a le plus frappée est l’intention d’avoir un « common knowledge base » à la SFX ou MetaLib, mais pour les documents du SIGB. Un peu l’équivalent de la base commune d’OCLC. Et dans le contexte québécois, évidemment les questions de la langue et même des contenus se posent. Les bibliothèques québécoises seraient-elles aussi bien servies que les américaines par une telle base?

      Ex Libris, qui fournissait un SIGB classique, se rapproche de OCLC en voulant offrir une base de métadonnées unique à laquelle les bibliothèques pourront attacher leurs données locales, alors que OCLC se rapproche des fournisseurs de SIGB en planifiant offrir les services de ceux-ci, mais en mode Web hébergé. Il ne sera pas le premier à offrir le Software as Service pour les SIGB, mais sa force étant dans la quantité de données déjà disponible, grâce aux bibliothèques membres qui y participent.

  2. Lully 9 juin 2009 / 10:11

    OK, je comprends mieux le parallèle, merci.

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